Maximus Mayer est devenu un vainqueur dès ses débuts en Michelin Le Mans Cup la saison passée, remportant la course du Samedi au Mans, aux côtés de Christophe Cresp pour l'équipe MV2S Racing.
Pour sa deuxième saison en MLMC, le pilote espagnol de 19 ans a rejoint l'équipe Danoise High Class Racing, partageant le volant avec Philip Lindberg dans la catégorie LMP3. Jusqu'à présent, le duo danois-espagnol n’a pas encore inscrit de points lors des deux premières courses, terminant hors du top 10 en raison d’un mélange de malchance et d’une pénalité de passage par la voie des stands.
Cependant, Mayer fait partie d’un cercle très restreint de pilotes ayant déjà remporté les 24 Heures du Mans, et il espère que cette expérience donnera un coup de pouce à l’équipe alors qu’elle se prépare pour la 10ème édition de la Road to Le Mans.
Q : Que pensez-vous des deux premières courses de la saison ? Quels sont les points positifs que vous retenez en vue des deux prochaines au Mans ?
Maximus Mayer: « Le début de saison a été un peu compliqué. Nous avons eu un contact malchanceux lors de la première course à Barcelone, ce qui a provoqué une surchauffe qui nous a fait perdre environ 20 km/h, ce qui ne nous a vraiment pas aidés. Cela dit, nous avons pu établir une bonne base de données avec les réglages et mieux comprendre les réactions de la voiture, car nous n’avions pas encore trouvé le bon setup ni la vraie limite de l’auto. Une fois que nous l’avons trouvé pour la course, nous avons simplement été malchanceux avec ce dommage, qui nous a empêchés de montrer notre vrai niveau de performance.
Paul Ricard, je dirais que c’était à nouveau un week-end un peu délicat. Nous avons eu un peu de mal au début à trouver les bons réglages. Mais je pense que nous avons fait du bon travail et montré que nous avions le rythme pour être dans le top 5 ou 6.
Nous roulions à quelques dixièmes du leader, mais Philip (Lindberg) s’est fait percuter en dépassant un autre pilote, ce qui nous a valu une pénalité de passage par la voie des stands que j’ai dû exécuter – ce qui ne nous a pas aidés non plus.
Cela dit, du point de vue du pilotage et de la collecte de données, je pense que nous avons bien travaillé. Nous avons maintenant beaucoup plus de données et de connaissances sur ce qu’il faut faire avec le setup, ce qui est le mieux pour avancer. On peut maintenant partir de cette base et continuer à progresser.
Donc, de mon côté, j’étais vraiment content à la fin, et ça me donne une énergie positive et encore plus de motivation en vue du Mans. »
Q : En quoi les nouvelles LMP3 à moteur Toyota sont-elles différentes de la voiture que vous avez pilotée la saison dernière ? Quelles sont les principales différences ?
MM : « La nouvelle LMP3, la Ligier JS P325, est clairement différente. La sensation est différente. L’aéro a légèrement changé avec la nouvelle carrosserie. Mais le plus gros changement, c’est le moteur bi-turbo. On sent une vraie différence dans la manière dont la puissance est délivrée. Là où le V8 était plus direct dès qu’on appuyait sur l’accélérateur, le bi-turbo met un petit moment à charger le turbo.
J’aime beaucoup la nouvelle voiture, mais l’ancienne me manque un peu aussi, parce qu’elle avait un V8 vraiment agréable. Il fallait un peu la bousculer, alors qu’avec la nouvelle, il faut aller à la limite sans la dépasser. Il ne faut pas forcer au freinage ou dans la conduite. C’est une voiture vraiment cool et bien développée.
On tourne à peu près dans les mêmes temps au tour que l’année dernière. J’ai hâte de voir la vitesse de pointe de cette voiture à Le Mans, parce qu’avec la LMP3 de l’an dernier et le moteur V8, on atteignait environ 289-290 km/h. Ce sera intéressant de voir la différence en termes de chrono et de vitesse entre les deux voitures sur le circuit des 24 Heures. »
Q : Qu’avez-vous ressenti en montant sur la plus haute marche du podium le plus célèbre de l’endurance ?
MM: « C’était clairement un rêve devenu réalité de monter sur la plus haute marche du podium au Mans. Ce n’était pas pour les 24 Heures, mais malgré tout, c’était un vrai rêve de pouvoir courir sur ce circuit mythique et de gagner sur une piste aussi emblématique que tout le monde connaît dans le monde. Même les gens qui ne s’intéressent pas trop au sport auto savent ce que sont les 24 Heures du Mans, c’est dire l’ampleur de l’événement. C’est un peu comme le Super Bowl, on va dire. C’était vraiment très, très émouvant. Pas de larmes, juste beaucoup de bonheur, une grosse montée d’adrénaline après la course. »
Q : Le Circuit de la Sarthe est unique. Qu’est-ce qui le rend si spécial pour vous en tant que pilote ? Avez-vous un virage ou une portion préférée ?
MM: « Le Mans, c’est juste incroyable. Il y a plus de 100 ans d’histoire avec des marques comme Ford, Ferrari, les grandes années LMP1 avec Porsche et Audi… Il y a tellement de choses formidables qui rendent ce lieu unique.
Ce n’est pas tous les jours qu’on conduit une voiture de course sur une route où l’on voit un KFC à côté de soi. La vitesse est grisante. On ressent une montée d’adrénaline incroyable, c’est une émotion énorme. À cette vitesse, on a littéralement l’impression de voler. Atteindre les 290 km/h, c’est fou !
C’est une piste vraiment géniale, avec des virages rapides, de longues lignes droites… Pour moi, c’est mon circuit préféré, et je pense que c’est l’un des meilleurs au monde avec Daytona.
Pour être honnête, je n’ai pas de virage préféré. J’aime chaque partie du circuit, chaque virage, chaque détail. Mais si je devais vraiment en choisir, je dirais Indianapolis et les Porsche Curves. Ce sont des virages rapides, fluides, très spéciaux. Tout repose sur la confiance dans la voiture, dans l’adhérence, et en soi-même pour aller chercher la limite. »
Q : Avec 58 voitures engagées en Road To Le Mans, dont 24 en LMP3, est-ce difficile d’espérer un bon résultat dans l’une des deux courses de 60 minutes ? Quel est le secret pour réussir au Mans ?
MM: « Je pense que le point clé, et c’est vrai pour toutes les pistes, pas seulement Le Mans, c’est de faire une bonne séance de qualifications. Si on réussit sa qualif, ça permet de monter facilement dans le classement.
Si on part dans le top 5, on a déjà fait une bonne partie du boulot. Mais avec de si longues lignes droites, l’aspiration joue un rôle important. En revanche, il y a aussi beaucoup de perturbations aéro, donc il faut faire attention, bien connaître les limites et trouver les bons espaces pour s’améliorer.
La gestion du trafic sera un vrai défi. Trouver un tour clair, ce ne sera pas simple. Même avec les GT3, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Ils peuvent se retrouver sur ta trajectoire au moment où tu ne t’y attends pas. C’est vraiment une question de gestion du trafic.
Ce sera donc très serré. Il faudra maximiser chaque tour clair, tirer le maximum de chaque minute de roulage.
Je suis convaincu que si nous avons une bonne voiture pour la course et qu’on gère bien l’aéro et tout ce qui va avec, on pourra remonter et faire une belle course. J’ai vraiment hâte d’y être, de commencer, et je sais que ça fera remonter beaucoup de souvenirs. »